Paléontologie humaine
Cette discipline est au coeur des préoccupations scientifiques et des travaux engagés et soutenus par le prince
Par "paléontologie", on désigne la science des êtres vivants ayant peuplé la Terre. La paléontologie humaine s'intéressant donc aux origines de l'homme. Cette discipline voisine avec l'anthropologie, l'étude de l'homme et des groupes humains, l'archéologie qui étudie les traces des femmes et des hommes qui nous ont précédés et la préhistoire qui étudie la période située entre l'apparition de l'homme et la naissance des premiers documents écrits. Dans sa recherche des origines de la vie, qui rejoint sa passion pour l'océan, le prince s'intéresse à l'ensemble des ses champs scientifiques.
Le prince s'est intéressé aux questions anthropologiques avant même sa première campagne océanographique. C'est en Espagne que s'éveille cette vocation. Dès mai 1866, à Madrid, il aurait visité plusieurs anthropologistes espagnols au moment d'entrer dans la marine royale d'Espagne où il devait faire ses classes. Le jeune prince, peu de temps avant son embarquement, examine les collections du Musée d'anatomie en compagnie du professeur Pedro Gonzalez de Velasco (1815-1882), vice-président de la Société espagnole d'ethnographie. Bénéficiant d'une escale à La Havane, en bon anthropologue de cette époque, c'est sur le terrain qu'il entend parfaire ses connaissances : il se livre à quelques observations sur les peuples qui viennent d'Afrique. L'escale qu'effectue le prince en 1879 aux Canaries lui permet de découvrir dans un hameau "une remarquable collection de souvenir des Guanches dont quatre momies.
Au printemps 1883, le prince est élu titulaire de la Société d'anthropologie de Paris. Lors de ses voyages, en Russie, en 1884, en Suède en 1884, il manifeste à nouveau son intérêt.
Mais c'est surtout dans l'espace proche, dans la continuité des recherches déjà initiées par le prince Florestan Ier (1785-1856) avec notamment d'importants travaux et découvertes sur un site important : les grottes de Balzi Rossi, ou grottes de Grimaldi, à la frontière entre la France et l'Italie, dans le hameau de Grimaldi dépendant de la commune de Vintimille. Les fouilles initiées par le prince Albert Ier commencent dès la fin de l'année 1882.
En 1902, il soutient les travaux de Cartailhac et de Breuil en Espagne, notamment sur l'art pariétal dans la grotte d'Altamira. Il se rend lui-même sur place en Espagne en 1909.
(On consultera pour plus de précision l'ouvrage dirigé par Arnaud Hurel et Henry de Lumley, Cent ans de préhistoire. L'IPH., CNRS éditions, IPH, 2011, p. 247.
Son amitié avec Henri Breuil (l'abbé Breuil) le soutien aux travaux des grands préhistoriens que sont Marcellin Boule, Hugo Obermaier ou Emile Cartailhac témoigne en effet de son engagement et de son soutien à une science décriée par certains. On doit au prince deux institutions centrales : sa fondation parisienne, l'Institut de Paléontologie humaine, créé en 1910 et inauguré par le prince en 1910, en présence du président Alexandre Millerand, présidé aujourd'hui par le professeur Henry de Lumley, et le Musée d'Anthropologie historique, crée à Monaco en 1902, dirigé aujourd'hui par Elena Rossoni-Notter.
En 1910, il écrit au Ministre français de l'Instruction publique : "Monsieur le Ministre, au cours de ma vie laborieuse, j'ai souvent regretté qu'une place plus grande ne fût pas attribuée dans le mouvement intellectuel de notre époque à l'étude du mystère qui enveloppe les origines de l'humanité. A mesure que mon esprit s'éclairait par par la culture scientifique, je souhaitais plus ardemment de voir établir sur une base scientifique les investigations nécessaires pour évoquer les traces fugitives que nos ascendants ont laissées dans le sein de la terre pendant une incalculable succession de siècles. Et je pensais que la philosophie et la morale des sociétés humaines seraient moins incertaines devant l'histoire des générations écrite avec leur propre poussière" (Louis Mayer, 1939, dans le bulletin des Amis du Musée océanographique, 1er trimestre, 1956).
La toute récente exposition organisée à Puente Viesgo en Cantabrie (Centre d'Art rupestre de Cantabrie, CARC) , et inaugurée le 31 mai 2024, en présence de S.A.S. le Prince Albert II, rend hommage à l'oeuvre du Prince Albert Ier.
L'intérêt du prince dans la science préhistorique est également l'occasion d'exprimer son engagement pour l'internationalisme des savants comme en témoigne cet article du chercheur Arnaud Hurel.







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L'Institut de paléontologie humaine
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Marcellin Boule
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