SEVERINE

SEVERINE

SEVERINE

Name : Rémy

Firstname : Caroline

Biography

Séverine, pseudonyme de Caroline Rémy, née le 27 avril 1855 à Paris et morte le 24 avril 1929, est une écrivaine, journaliste, libertaire et féministe française. Ses débuts dans le journalisme Elle fait la rencontre de Jules Vallès (journaliste, écrivain et homme politique français d'extrême gauche) et devient « le » secrétaire de celui-ci. À ses côtés, elle apprend le journalisme et s'initie au socialisme.  Par ailleurs, elle relance Le Cri du peuple, qu'elle dirige avec lui, et dont elle va reprendre la direction après sa mort en 1885. Elle est la seule femme de la rédaction et signe ses premiers articles « Séverin », avant de féminiser le nom en Séverine. Première femme à diriger un grand quotidien, elle doit quitter Le Cri du peuple, en 1888, à cause d'un conflit idéologique avec le marxiste Jules Guesde. Elle continue à écrire, de manière indépendante, dans de très nombreux journaux, dont les conservateurs Le Gaulois et Gil Blas.  À partir de 1897, elle publie chaque jour ses « Notes d'une frondeuse » dans La Fronde, le quotidien féministe de son amie, la journaliste Marguerite Durand.  Elle devient l'amie de Mme Daniel-Lesueur lors de leur collaboration à La Fronde puis participe à la création du prix Vie Heureuse (ancêtre du prix Femina) en 1904. Elle en est présidente en 1906 et restera membre du jury jusqu'à sa mort.  Son engagement pour les droits des femmes Elle défend les femmes qui ont recours à l'avortement. Son engagement lui vaut d'être accusée d'apologie de l'avortement et menacée d'inculpation. Elle apporte aussi son soutien au droit des femmes à plaider en tant qu'avocates, ce qui soulève de fortes oppositions. Séverine s’engage dans la lutte en faveur du droit de vote des femmes, notamment à travers un billet hebdomadaire qu'elle publie à partir de 1906 dans Nos loisirs, diffusé à plus d'un demi-million d'exemplaires.  En 1905, elle est en tête, avec Marguerite Durand, d'une manifestation de « suffragettes » qui réunit à Paris quelques 6000 femmes qui revendiquent le droit de vote.  Elle continue à écrire pour de nombreux journaux dans lesquels elle défend la cause de l’émancipation des femmes et dénonce les injustices sociales. Elle s'engage aussi dans l’affaire Dreyfus aux côtés des dreyfusards, et notamment de Mécislas Golberg. 

 Amie du prince Albert Ier, Séverine partage avec lui ses convictions dreyfusardes et pacifistes. Tous deux côtoient les mêmes cercles et participent aux mêmes dîners. Séverine fréquente la cour de Monaco où elle est traitée « sur un pied de grande amitié » selon l’historien Gustave Schlumberger. En avril 1902, à l’occasion du XIe Congrès universel pour la Paix, qui se tient à Monaco, Séverine représente la France. Elle exprime l’idée de faire adopter par le mouvement pacifiste international un drapeau dessiné par l’empereur Guillaume II en personne et suggère que ce drapeau prenne pour base les couleurs de Monaco, premier pays où le congrès de la Paix a été invité officiellement. Le prince Albert Ier, qui souhaite donner vie à cette idée, écrit dans son journal, le Ier juillet 1902, lors des régates, à Kiel : « j’ai dit à l’Empereur que, lors du Congrès de la Paix, à Monaco, l’hiver dernier, madame Séverine m’avait exprimé le désir de proposer au congrès prochain un projet de drapeau dont l’Empereur aurait donné le dessin. Aussitôt l’Empereur, intéressé, a fait le projet sur le dos d’un menu avec deux crayons : Fond rouge avec autant d’étoiles blanches que de nations participant au congrès ; grande croix rouge traversant le tout entre des bandes blanches ; une grande étoile blanche au croisement des bras de cette croix ».