Les 7 lauréats des Grandes Médailles Albert-Iᵉʳ, distinction la plus prestigieuse délivrée par l’Institut océanographique de Monaco
Ce jeudi 11 décembre, à la Maison de l'Océan, S.A.S. le prince Albert II a remis les Grandes Médailles Albert-Ier ainsi que les Prix de Thèse à quatre personnalités et trois jeunes chercheurs. Des lauréats salués pour leurs travaux et leur engagement en faveur de l’Océan.
Photo ©Institut océanographique de Monaco / Frédéric Pacore
Créée en 1948 et considérée comme la distinction la plus prestigieuse délivrée par l’Institut océanographique de Monaco, la Grande Médaille Albert-Ier récompense tous les deux ans celles et ceux qui font avancer la connaissance et la défense de l’Océan.
Longtemps réservée aux scientifiques, elle s’ouvre depuis 2014 à une seconde catégorie, la « médiation », destinée à distinguer les personnalités publiques capables de mobiliser la société civile autour des enjeux marins.
Les lauréats, sélectionnés après examen du Conseil scientifique puis vote du Conseil d’administration, incarnent deux visages complémentaires : l’excellence de la recherche océanographique et l’engagement citoyen pour faire bouger les lignes de l’indifférence.
Dans le même esprit de transmission, l’Institut distingue également de jeunes chercheurs à travers son Prix de thèse, attribué en partenariat avec l’Académie des sciences.
Une manière d’encourager la nouvelle génération de scientifiques dont les travaux, quelle que soit la discipline, contribuent à mieux comprendre l’Océan et le rapport que l’humanité entretient avec lui.
GRANDE MÉDAILLE 2024 - SECTION SCIENCE - Hervé Claustre - Directeur de recherche au CNR
Hervé Claustre est océanographe, biogéochimiste et observateur. Spécialiste des cycles biogéochimiques marins, il a joué un rôle pionnier dans le développement de l’observation océanique autonome, notamment grâce aux flotteurs profileurs et aux planeurs sous-marins. Figure majeure du programme international BGC-Argo, qu’il co-préside, il a participé de manière décisive à son développement.
GRANDE MÉDAILLE 2025 - SECTION SCIENCE - Lynne Shannon - Directrice de recherche, Département des sciences biologiques, Université du Cap (Afrique du Sud).
Spécialisée dans la gestion écosystémique, Lynne Shannon cumule 30 ans d’expérience dans la modélisation des écosystèmes marins et l’utilisation d’indicateurs écologiques pour évaluer les écosystèmes marins exploités. Grâce à ses recherches et à son leadership dans le domaine des services écosystémiques marins et de la conservation de la biodiversité face aux changements mondiaux, elle contribue aux objectifs internationaux en matière de biodiversité.
GRANDE MÉDAILLE 2024 - SECTION MÉDIATION - Nina Jensen - Directrice générale de REV Ocean
Actuellement Directrice générale de REV Ocean, Nina Jensen est une figure de proue de la conservation de l’environnement à l’échelle mondiale. En tant qu’ancienne directrice générale du WWF en Norvège, Nina Jensen a œuvré activement à la promotion de solutions respectueuses de l’environnement. Elle fait partie des premières personnes à avoir milité pour que le Fonds pétrolier norvégien se détourne des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables.
GRANDE MÉDAILLE 2025 - SECTION MÉDIATION- Frédérik Paulsen - Docteur honoris causa
Le Dr Frederik Paulsen est un homme d’affaires, universitaire et philanthrope. Explorateur passionné, il compte parmi les très rares personnes à avoir atteint les huit pôles du globe. Il a en outre accompli deux circumnavigations de l’Antarctique au côté d’équipes scientifiques, consacrées à l’étude de la glace, de l’atmosphère, du milieu marin, ainsi que de la flore et de la faune. À bord d’un submersible, il a plongé à plus 4 250 mètres de profondeur au pôle Nord pour prélever des spécimens sur le plancher océanique. Il a également réalisé la première traversée du détroit de Béring, de l’Amérique vers la Russie, en aéronef ultraléger.
PRIX DE THÈSE 2024 - Charlène Guillaumot - Docteure en sciences marines, spécialisée en modélisation écologique
Charlène Guillaumot a réalisé une thèse, soutenue en 2021, portant sur l’amélioration des méthodes numériques pour modéliser précisément la distribution et le développement d’espèces marines en Antarctique. Ce travail est composé de 17 publications scientifiques, proposant des recommandations, de nouvelles méthodologies et des évaluations écologiques face aux changements climatiques. Charlène se consacre désormais au développement d’outils d’intelligence artificielle appliqués à l’écologie.
PRIX DE THÈSE 2025 - José Luis Garcia Corona - Biologiste marin
Les premières recherches de José Luis Garcia Corona sur la physiologie de la reproduction des espèces marines lui valent le Prix de la jeunesse et la Médaille du mérite scientifique et technologique de Basse-Californie du Sud. En 2019, il s’inscrit à l’École doctorale des Sciences de la Mer et du Littoral (Université de Bretagne occidentale). Sa thèse de doctorat porte sur les mécanismes physiologiques de l’accumulation de toxines chez les invertébrés à valeur commerciale, en particulier la coquille Saint-Jacques Pecten maximus. Ses recherches ont eu de telles implications mondiales en matière de sécurité alimentaire des produits de la mer que sa thèse a été distinguée par la mention très honorable avec félicitations du jury. Il aspire à présent à continuer de faire progresser la science et la conservation marines au sein d’institutions de recherche de premier plan.
MENTION SPÉCIALE - PRIX DE THÈSE - Nicolas Séon - Chercheur post-doctorant à l’University of South Africa & University of Pretoria
Nicolas Séon est un jeune chercheur français spécialisé en (paléo)biologie et en (paléo)écologie marine. Docteur en paléontologie au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris depuis 2023, il a, pendant sa thèse, étudié la thermophysiologie des reptiles marins du Mésozoïque. Actuellement en post-doctorat à l’University of South Africa et à l’University of Pretoria, il travaille sur l’écologie trophique du phoque de Ross afin de mieux comprendre son rôle dans l’Océan Austral.